500, 750, 1 000 euros : quel devrait être le montant du revenu universel ?

500, 750, 1 000 euros : quel devrait être le montant du revenu universel ?

Dans une récente étude, la Fondation Jean Jaurès a réalisé trois scénarios possibles pour évaluer le financement d’un revenu de base alloué de la naissance à la mort. Un modèle « souhaitable ? » interroge l’étude. Et quel montant versé ?

Croissance en berne, chômage endémique, automatisation des tâches, ubérisation… Les raisons de s’interroger sur un revenu universel pour tous, de la naissance à la mort, est de plus en plus présenté comme une façon de répondre aux évolutions de la société. Certains politiques, de droite comme de gauche l’ajoutent à leur programme même s’ils ne sont pas nécessairement d’accord sur le montant du revenu de base, ni sur son financement. La Fondation Jean Jaurès, proche du Parti socialiste, a cherché dans une étude publiée dimanche, Le revenu de base, de l’utopie à la réalité ?, à évaluer le montant pour lequel un revenu pour tous serait efficace et finançable. Dans le premier cas, il s’élèverait à 500 euros, un revenu proche de l’actuel revenu de solidarité active (RSA), dans le second à 750 euros, un niveau intermédiaire proche du cumul entre l’actuel RSA et les prestations familiales et logement, et dans le dernier scénario à 1 000 euros, un revenu égal au seuil de pauvreté.

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Précision : le revenu universel serait versé à tous de la naissance à la mort mais avec un montant minoré à 30% du revenu des adultes entre 0 et 15 ans puis à 50% entre 15 et 18 ans. Contrairement à l’actuel RSA, il « est versé de façon individualisée et non familiarisée, sans prise en compte des économies d’échelle au sein des couples », précise la Fondation.

Trois scénarios, trois revenus finançables mais…

500 euros : Un revenu universel de 500 euros coûterait 336 milliards d’euros, soit 16% du PIB. Il pourrait « être financé sans mobiliser les cotisations de la branche vieillesse » et serait donc cumulable avec une retraite. Les branches maladie, familiale et l’assurance-chômage seraient inclus dans ce revenu. En outre, 38 milliards de prélèvements supplémentaires permettront d’équilibrer les finances publiques.

750 euros : S’il atteint ce montant, le revenu de base coûterait 504 milliards d’euros (24% du PIB). Il pourrait « être financé en mobilisant l’ensemble des dépenses actuelles de protection sociale, branche vieillesse incluse, sans prélèvements obligatoires supplémentaires et en dégageant un excédent budgétaire de 14 milliards d’euros ».

1 000 euros : Dans ce dernier scénario, le coût du revenu de base s’élèverait à 504 milliards d’euros (31% du PIB). Il serait financé « en mobilisant l’ensemble des dépenses actuelles de protection sociale ainsi que 153 milliards d’euros de prélèvements obligatoires supplémentaires (près de 7,5% du PIB) », détaille le rapport.

Pour quelles incidences socio-économiques ?

Outre le financement du revenu universel, se pose la question du montant « adéquat » à verser pour qu’il n’ait pas un effet désincitatif face à l’emploi. Dans le cas d’un scénario à 500 euros, l’effet désincitatif est faible, mais bien plus important pour un montant de 1 000 euros. La Fondation prône donc un revenu fixé à 750 euros mensuels. En deçà, il ne permet pas de couvrir les besoins essentiels, à 1 000 euros, il serait trop désincitatif et impliquerait « une hausse excessive des prélèvements obligatoires ».

Son montant questionne aussi sur la négociation salariale. Pour les auteurs, selon la rémunération versée, le revenu universel pourrait agir comme un effet d’aubaine pour la demande de travail ou comme un revenu d’appui pour l’offre de travail des salariés. Soit les salariés bénéficieront d’une plus grande marge de liberté pour négocier leur contrat, sans crainte de perdre le bénéfice du revenu universel, soit « le risque est que les entreprises convertissent le revenu de base en marges supplémentaires, aboutissant à une dégradation des relations de travail si le salaire minimum n’existe plus ». Pour les auteurs de l’étude, le revenu universel serait par exemple davantage favorable à l’offre de travail dans les branches connaissant un fort taux de marge et des difficultés importantes à recruter.

Finançable, le revenu universel ne suscite pas pour autant l’adhésion de la Fondation Jean Jaurès. Les auteurs estiment néanmoins qu’il faudrait le tester à l’échelle nationale et à plus long terme qu’il soit généralisé à l’Union européenne, « avec des montants nationaux » selon le niveau de richesse de chaque pays.

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Pour aller plus loin, une vidéo (en anglais) imagine un monde où il n'y aurait plus aucun emploi...

le 23/05/2016 par Guirec Gombert

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